Le lanceemnt du cinquantenaire a Logo Saboucire
Tout comme le 22 septembre 1878, le 1er septembre 2010 restera dans les annales de Sabouciré, la cite martyre. Avec cette mise en scène, l’émotion était de taille. En effet, dans le cadre du lancement de la célébration du cinquantenaire, l’armée malienne a reconstitué la célèbre bataille contre la pénétration coloniale, le 22 septembre 1878. Capitale fortifiée du royaume du Logo, à son apogée, elle comptait une vingtaine de villages. Cette localité était dans la deuxième moitié du XIXè un bourg de 28 000 habitants.
Dans son ambition d’étendre la conquête coloniale à l’Afrique occidentale, le gouverneur Faidherbe engage le lieutenant- colonel, Reybaud à sauter le verrou que constituait Sabouciré. Une troupe part de Saint-Louis le 11 septembre 1878, atteint la capitale du royaume du Logo le 22 septembre de la même année. Avec un demi millier de tirailleurs, de spahis et de militaires français (585 hommes, 4 canons et 80 chevaux), le lieutenant colonel attaque Sabouciré à 8 heures du matin. Après 5 heures d’une résistance énergique sous les feux des canons, les irréprochables fils de Sabouciré ont perdu le combat avec 150 combattant tués, un nombre indéterminé de noyés qui voulaient traverser le fleuve à la nage. Le roi du royaume du Logo, Niamody Sissoko, grièvement blessé meurt quelques heures après et le tata est rasé.
Du côté des envahisseurs, 13 tués dont deux officiers, à savoir, le capitaine Dubois et le lieutenant Béjoulet avec à la clé 51 blessés. Fidèle à son code d’honneur, le peuple du royaume du Logo écrivait en ce dimanche 22 septembre 1878, la première page de la résistance à la pénétration coloniale. 82 ans après, le Mali de Modibo Keita accédait à l’indépendance. Sabouciré se pose en cela comme un symbole de la résistance. Point de départ de la colonisation au Mali, le village de Sabouciré est aussi un lieu de mémoire incarnant à travers le 22 septembre 1960 l’arrêt de la colonisation. Le champ de bataille de Sabouciré est inscrit à l’inventaire par la décision du 12 Août 2010 portant inscription de bien culturels à l’inventaire. Désormais, la cité est reconnue d’intérêt historique, bénéficie du premier niveau de protection juridique conformément à la loi relative à la protection et la promotion du patrimoine culturel national.
Nouhoum Dicko