Concert de Tiken Jah Fakoly dans son Club radio libre : L’art de transformer la scène en tribune politique
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Après une longue absence sur les scènes de son pays d'accueil, le Mali, le prophète, l'ambassadeur du reggae et le leader de la génération consciente en Afrique a fait exploser son club radio libre, sis à Niamakoro, le samedi 1er janvier, lors de son tout premier concert de l'année. Le temps d'une soirée où Tiken Jah Fakoly reprenait du service pour transformer le club en lieu de communion spirituelle, mais aussi de rébellion et de lutte pacifiste.
Une grande soirée reggae comme on n'en avait pas connu depuis longtemps, avec au programme une kyrielle d'artistes (Fadel Dey, Mokobe, Deski la Bombe, Habib Mar 1, Adams et Kids…) et celui pour lequel la foule nonchalante, parée aux si célèbres couleurs rouge-jaune-vert avait avant tout fait le déplacement, l'incontournable Tiken Jah Fakoly, emblème présent d'un reggae humaniste et fédérateur. Pendant deux heures et demie et devant un public venu massivement, l'ambassadeur du reggae africain a, comme à l'accoutumée, réussi sa prestation aux messages graves et engagés. Mais, si sur scène les Djélys au grand complet ménageaient encore le suspens, l'on eut très vite le sentiment, à la façon dont les choristes chantaient son nom qu'à l'unisson le public scandait, que rien de mauvais ne pourrait décidément arriver lors de cette soirée coïncidant avec le nouvel an…
Après quelques heures d'attente, Tiken Jah entre en scène. Aussitôt l'ambiance explose au son des guitares, de la batterie et des claviers de l'orchestre du club. Vu le surchauffement de la salle, le public répond aux invectives du descendant de Fakoly. Aux morceaux traditionnels de l'artiste se mêlent les titres du nouvel album.
En effet, dès que Tiken Jah apparut, vêtu cette fois-ci d'un tee-shirt, on vit que son aura était intacte et que la flamme brûlait toujours dans son cœur, malgré les longues années d'un engagement farouche contre la guerre, hélas toujours d'actualité aux quatre coins de la planète…Entonnant "quand nous serons unis" il inspiré et emporte en quelques secondes l'adhésion d'un public qu'il emmène avec lui tout au long du concert, dans sa croisade en faveur de la paix, ne se privant pas, de ses grands standards fétiches que la foule chante avec lui "rien ne m'étonne", "ouvrez les frontières" ou encore "mon pays va mal".
Il invite les grands de ce monde à être plus attentifs aux problèmes des Africains dont, du moins ce soir, il était le plus fier et le plus convainquant porte-parole. Une bien belle soirée, vraiment… Un peu d'utopie, beaucoup de rythme et le sentiment qu'ils ne sont peut-être pas suffisamment nombreux ces Tiken Jah capables d'ériger la simple scène de concert en véritable tribune politique… Mais, rassurons-nous, nous aurons bien d'autres occasions de le revoir, notre méga star internationale Tiken Jah. Car, vu l'état des pays africains, le nouveau guide spirituel du reggae africain aura encore longtemps de bonnes raisons d'agir…
Tiken est un incontournable du reggae mondial. Il demeure l'un des grands artistes engagés de la scène du reggae africain voire mondial notamment sur les questions d'égalité des droits, de violences et des systèmes politiques en Afrique.
Bandiougou DIABATE