L’aventure de Baba El Kabîr à Taoudéni de 1956 à 1961 : Difficile de vivre à Taoudéni quelque soit les conditions qu’on crée
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Le profit de gagner sa vie honnêtement et loyalement pousse certaines hommes à faire n’importe quel travail pour assurer son équilibre.
C’est l’histoire d’un vieux de la cité des 333 Saints âgé de 77ans nommé Baba El Kabîr originaire de Tombouctou, qui offre ses services aux Arabes pour extraire le sel de Taoudéni.
Ce vieux nous a relaté son aventure il disait pour aller à Taoudéni c’était volontaire le recrutement se faisait au niveau de la ville de Tombouctou par des chefs Arabes comme : Moraby, Moulaye Zeïdane, Bondy, Mohamed El Hafiz.
La solde d’un ouvrier était 3000F Malien à l’époque par mois et vous êtes payés en l’avance avant le départ. Car ce départ peut se dégénérer en un voyage sans retour en cas de l’effondrement de la mine de sel.
Il nous faut 15 jours de marche en caravane à pied et à dos de chameau pour arriver à Taoudéni, avec deux (2) repos par jours répartis comme suit 4h du matin et 20h pour se ravitailler en nourriture.
La population de Taoudéni est estimée à 240 personnes uniquement composées des hommes qui sont tous venus de différents horizons pour venir extraire le sel. À Taoudéni il n’y a pas de famille parmi toute la population il n y a pas de femme, sauf un monsieur qui avait tenté l’expérience du nom de Hamèye Sarmoyé, il avait marié une femme de Bellafarandi du nom de Agacha Tel mouloud qu’il avait amenée avec lui à Taoudéni, le séjour de cette femme n’a duré que 3mois a cause des harcèlements des hommes.
Les maisons sont construites en banco très résistantes aux pluies avec un toit fait part les barres de sel. Pendant la saison sèche la chaleur est intense, pendant la fraicheur il est difficile de vivre à Taoudéni quelque soit les conditions qu’on crée. A Taoudéni pas de l’eau potable car l’eau est salée et n’est pas conseillée de boire, pour avoir de l’eau potable il faut marcher 10 km aller et 10 km de retour pour se ravitailler. La base d’alimentation est le gros mil et dès fois la viande du chameau.
La maladie rencontrée généralement c’est les maux de tête, le rhume et des plaies qui sont soignés à l’aide d’excréments du chameau. Chaque jours que dieu nous montre chacun de nous doit extraire 10 Barre de sel sous la supervision des chefs de groupe noir qui sont Kogoro, Bondji, Mohamed Kochodji, Baba djola, Mohamed lamine, Ousmane baba Woïdidjé. Le retour est organisé par caravane comme à l’aller
Modibo KEITA