L'imam défend son projet de mosquée près de Ground Zero

Publié le par ousmane.over-blog.net

L'imam défend son projet de mosquée près de Ground Zero

 

L'imam Rauf a déploré que "l'islamophobie atteigne, et peut-être même dépasse ce qui s'était produit juste après le 11-Septembre

 

 

Abandonner ce projet "renforcera les extrémistes dans le monde musulman", a déclaré Feisal Abdul Rauf.

 

Renoncer au projet controversé de construire une mosquée près de Ground Zero, le site des attentats du 11 septembre 2001 à New York, enverrait un mauvais signal aux musulmans du monde entier, selon 'imam à l'origine de cette initiative, Feisal Abdul Rauf.  

"Cela renforcera les extrémistes dans le monde musulman, cela les aidera à recruter et mettra en danger nos soldats, nos ambassades, nos citoyens", a aussi affirmé l'imam new-yorkais ce dimanche, devant le centre de réflexion Council of Foreign Relations.  

"Ce pâté de maison n'est pas une terre sacrée"

 

Le projet d'ériger, à quelques rues du site des tours jumelles détruites, un centre culturel islamique comprenant une mosquée a bénéficié du soutien du maire de New York, Michael Bloomberg. Le président américain Barack Obama l'a aussi jugé positif, dans la mesure où il représenterait une démonstration de la liberté religieuse aux Etats-Unis.  

D'après les sondages, sept Américains sur dix seraient opposés au futur centre culturel islamique de New York. Les opposants jugent qu'une présence musulmane constituerait une offense à la mémoire des 2752 victimes. Certaines critiques sont allées plus loin, affirmant qu'une mosquée si près du lieu de l'attentat désacraliserait le site et ferait l'apologie du terrorisme.  

 

L'imam leur a répondu: "C'est absolument malhonnête (de prétendre) que ce pâté de maison est une terre sacrée". Il a regretté que le débat ait été confisqué par des extrémistes qui diffusent "de la désinformation délibérée et des stéréotypes nuisibles".  

Colère vive

Feisal Abdul Rauf s'exprimait au lendemain du neuvième anniversaire des attentats islamistes du 11-Septembre inhabituellement tendu, en raison de la polémique sur la mosquée, mais aussi du plan avorté d'un pasteur intégriste américain de brûler des exemplaires du Coran.   Le projet d'autodafé du Coran conçu par le pasteur Terry Jones, à la tête d'un groupuscule intégriste en Floride, a été ces derniers jours une manifestation extrême de ce climat. Terry Jones a finalement renoncé à son plan, arguant d'abord que la mosquée serait déplacée en échange, avant que l'imam Rauf ne lui oppose un démenti. Il réfléchit bien à la possibilité de déplacer le site de la mosquée, si cette piste permet de "désamorcer cette crise", mais pas dans le cadre d'un quelconque accord avec le pasteur.  

 

Feisal Abdul Rauf s'est montré soulagé de l'abandon d'un projet qui, là encore selon lui, "aurait renforcé les extrémistes, (...) augmenté les possibilités d'attaques terroristes contre les Etats-Unis et les intérêts américains, (et) aurait provoqué une catastrophe dans le monde musulman". L'imam Rauf a déploré que "l'islamophobie atteigne, et peut-être même dépasse ce qui s'était produit juste après le 11-Septembre".  

Pour autant malgré cet abandon, la colère est restée vive dans le monde musulman, d'autant que la polémique est survenue à un moment particulièrement sensible: l'anniversaire du 11 septembre coïncidait cette anéne avec la fin du ramadan. Vendredi, des milliers d'Afghans ont manifesté devant une base de l'Otan. Au Pakistan, à Multan (centre), près de 600 personnes, dont des religieux, ont manifesté en brûlant des drapeaux américains.  

Interpol avait lancé une alerte à ses 188 pays membres, mettant en garde contre des "attaques violentes visant des innocents".  

Publicité

Publié dans communautés

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article