La création du parti de MOUSSA MARA ( YELEMA )
Vendredi, 23 juillet 2010, 14h 30 mn. C’est la fin de la prière. Portant des tee-shirts à l’effigie du parti, des jeunes convergent vers le Palais Amadou Hampaté Ba. Certains sont à moto. D’autres donnent de la voix, à bord des sotramas louées à cette occasion. Les bamakois semblent être mobilisés, en dépit de la pluie qui s’abattait sur la ville. Dans la cour, comme dans la salle Banzoumana Sissoko, l’ambiance est au rendez-vous. Après l’installation des invités, le prince du jour, Moussa Mara, fait son entrée, sous un tonnerre d’applaudissements. Il prend place au présidium, aux cotés de cinq autres membres du parti. L’ambiance reprend ses droits. Avec l’entrée en scène de l’artiste Mamadou Dembélé dit Dabara. Il est relayé par le Commissaire Général du congrès, Abdoulaye Diarra qui plante le décor. Après le mot de bienvenue, il livre le programme du congrès aux participants.
La genèse de YELEMA
Tout est parti en 2007. Des jeunes leaders d’horizons divers, avec à leur tête Moussa Mara, mettent sur fonds baptismaux, l’Association Jeunesse du Mali (AJM). Objectif : aider les jeunes à prendre conscience de leur rôle dans le développement socio-économique du pays. L’association n’a pas eu du mal à s’implanter sur l’ensemble du territoire national. Et à cause de la noblesse de ses idéaux, elle va bénéficier de l’adhésion d’autres associations de jeunes. Toute chose qui donne naissance à une coalition : Coalition Jeunesse Action (CJA). Pour tester sa force, la coalition prend part aux élections communales d’avril 2009, en commune IV avec une « liste indépendante, Moussa Mara ». Les résultats tombent, la liste Moussa Mara est déclarée vainqueur. Mais les résultats seront annulés 6 mois, plus tard. Pour laver cet affront, les membres de la coalition décident, à l’unanimité, de créer un parti politique. C’est ainsi YELEMA, le Changement voit le jour, le 9 avril 2010.
YELEMA le parti qui croit au Changement
« Faire la politique, autrement » est le slogan de tous les partis politiques qui arrivent, nouvellement, sur la scène politique. Yèlèma qui est, pour l’instant, le cadet des formations politiques, n’en a pas fait exception. Dans son discours, le président parti, Moussa Mara, est direct : « tout ce qui aime ce pays doit suivre la vision de notre parti qui est un idéal pour le changement ». Pour lui, il faudra désormais compter avec ce parti. « YELEMA est un parti responsable car, il est un parti poussé par le bas et non un parti tiré par le haut comme le sont nombre des partis politiques. Nous sommes un parti jeune, mais surtout un parti de jeunes qui croient au changement » a-t-il précisé. Avant de conclure que la valeur n’attend pas le nombre d’année.
YELEMA pourra t-il faire chemin dans les eaux troubles de la politique malienne? Va t-il réussir là ou les autres partis politiques se sont cassés les dents ? Autant de questions que se posent les observateurs de la scène politique.
D’aucuns pensent, d’ores et déjà, que la survie de ce parti n’est pas sans inquiéter. YELEMA, comme d’autres partis politiques est constitué de jeunes. Sans expérience. Des jeunes désœuvrés, de surcroît. Le problème du financement du parti va donc se poser. Une situation qui, tôt ou tard, risque de mettre en péril les ambitions de ses leaders. Aussi nobles, soit-elles.
Les représentants des partis invités ont, comme il est de tradition, marqué leur présence en souhaitant bon vent au nouveau parti. Il s’agit notamment du MCRM, le parti FAMA, le RDR, PDM, RPM, CNI- FYT, UDM URD, UM RDA, PDES…
A en croire certains d’entre eux, la tenue du 1er congrès, surtout 3 mois seulement après la naissance, est déjà significative dans vie du parti YELEMA.
Pendant les trois jours qu’a duré le congrès, les membres du parti, venus de l’extérieur et des 49 cercles du Mali, se sont penchés sur les textes du parti. Aussi, les concertations, à travers des ateliers, ont abouti à l’élaboration d’un projet de société. Un Comité Exécutif Central, dirigé par Moussa Mara, a été mis en place. Il travaillera à mieux implanter le parti et à conscientiser davantage ses membres.