Les crimes impunis de la France en Afrique subsaharienne
Du quinzième siècle à nos jours, la France na cessé de commettre des crimes contre l’Afrique noire et les peuples africains. Il est quasi impossible de recenser tous ces crimes tellement ils sont immenses. Ces crimes ont commencé avant la traite des africains.
Les prêtres français à l’instar d’autres européens portugais, espagnols, britanniques ont pénétré l’Afrique aux motifs d’apporter la civilisation et la foi chrétiennes aux africains. Cette pénétration religieuse a ouvert la voie à la traite négrière et aux conquêtes occidentales. Il est vrai que les rois et roitelets africains ne sont pas exempts de toute responsabilité dans la traite de leurs sujets. Les implications des africains ont considérablement encouragé les esclavagistes à vider l’Afrique des ses forces vives.
La France ne s’est résignée abolir effectivement l’esclavage que sous la pression de l’Angleterre dom la marine traquait incessamment les bateaux esclavagistes français à destination des Antilles (Martinique, Guadeloupe, Guyane). Le code noir promulgué par Louis XIV où l’esclave était considéré comme meuble, abrogé par la Convention en 1 794, a été repris en 1 802 par Napoléon Bonaparte.
L’esclavage des noirs aux Antilles a été le plus cruel de la traite esclavagiste. Les maîtres n’hésitaient pas à fouetter l’esclave à mort pour un oui ou un non et souvent l’esclave était enterré nu vivant avec mention « nègre inhumé ». Après l’abolition de l’esclavage dans les possessions françaises aux Antilles et à la Réunion sous sa forme originelle, la France a continué sa domination inhumaine sous la forme de travaux forcés imposés aux sujets noirs d’Afrique où des centaines d’africains sont morts au cours des travaux de barrages et d’autres ouvrages de construction de chemins de fer exclusivement destinés à servir l’exploitation des ressources africaines (mines, coton, arachide, bois).
Cette tendance s’est accentuée au cours des deux guerres mondiales 14/18 et 39/45 où les africains méprisamment appelés tirailleurs sénégalais servaient de chairs à canon aux armées françaises sans aucune reconnaissance morale et matérielle. Des dizaines de soldats africains ont été massacrés dans leur sommeil par l’armée française en 1944 à Thiaroye au Sénégal au motif qu’ils demandaient leurs dus.
Malgré le caractère odieux de ces crimes, les africains n’ont rien demandé à la France. Après avoir pillé les richesses africaines (ressources et hommes) et détruit la personnalité africaine au cours des siècles passés, la France a continué ses crimes contre l’Afrique et les peuples africains et a osé présenter ses actions criminelles passées comme des bienfaits de la colonisation. Non seulement la France ferme sa porte aux africains noirs francophones mais mène une politique discriminatoire contre les travailleurs africains en raison de la couleur de leur peau. Les incendies des foyers des travailleurs africains au cours desquels ont péri des femmes et des enfants et les expulsions d’africains aux motifs qu’ils sont sans papiers sont des crimes contre la race noire.
Tous ces faits contre l’Afrique noire n’empêchent pas la France de se poser en amie de l’Afrique et de défenseure de la place de l’Afrique dans les instances internationales (ONU, FMI, G20). Certains dirigeants et intellectuels africains se prêtent à ce jeu et servent de caisse de résonance de la France en Afrique. Après plus de cinquante ans d’indépendance, les ex colonies françaises en Afrique sont toujours amarrées aux ports français. Leur diplomatie et leur monnaie qui sont les éléments essentiels de la souveraineté d’un pays, sont toujours sous la domination de la France. Cette situation honteuse n’empêche pas les Dirigeants africains à fêter des cinquantenaires des indépendances africaines à coup de milliards au détriment du développement économique et social de leurs pays.
Les actions de la Finance en Côte d’ivoire, à savoir tueries d’Ivoiriens à l’hôtel Ivoire, assassinats du jeune ivoirien innocent, destruction de la flotte aérienne de l’armée légale ivoirienne et récemment ingérences dans la présidentielle ivoirienne sont les preuves du comportement néo colonialiste de la France en Afrique noire. Nul n’a oublié l’ingérence de la France au Nigeria lors de la guerre de sécession des ibos contre l’Etat fédéral nigérian en 1970 où la France et ses valets africains ont armé les sécessionnistes ibos pour massacrer les nigérians et nigérianes dans le seul dessein de diviser ce pays à l’instar de ses ex colonies africaines.
L’absence de mentalité nationale chez les peuples africains et particulièrement des Gouvernants de l’Afrique francophone a encouragé la France à commettre impunément les crimes en Afrique subsaharienne. Nulle part même dans ses ex colonies non africaines, la France n’a commis pareils crimes et ingérences. La France doit reconnaître ses crimes contre les peuples noirs d’Afrique et se repentir au lieu de se poser en donneuse de leçons dans le monde.
Selon un dicton populaire Quand on a le fond de la culotte troué, on ne monte pas à l’arbre»
Tiécoro DIAKITE
Docteur en Economie de Développement (Paris I)