Mort des deux otages français : Où se trouve la vérité ?

Publié le par ousmane.over-blog.net

Vue de l'intérieur du restaurant Le Toulousain à Niamey où ont été
enlevés Antoine de Léocour et Vincent Delory vendredi 7 janvier.
AFP

La seule certitude ce samedi-après midi était la mort de l’humanitaire basé à Niamey, Antoine de Léocur, et de son ami Vincent Delory. Sur les circonstances de la tragédie par contre, les récits de nos informateurs, - des ressortissants de la Région de Gao et plus précisément du cercle de Menaka frontalier du Niger, ne sont toujours pas cohérents. 

 

Une première source soutenait nous disait vers 16 heures, «  c’est fini pour les deux otages et leur quatre ravisseurs dont la voiture a été bombardée par l’avion » - un Breuguet -qui accompagnait les forces de sécurité qui ont pris en chasse les ravisseurs peu de temps après leur forfait au bar le Toulousain de Niamey.

 

Près de deux heures plus tard, la mort des deux Français était officiellement confirmée par Paris. Ils avaient été tués par leurs ravisseurs, précisait ce communiqué qui est, curieusement, resté silencieux sur les circonstances et le bilan. L’hypothèse de l’avion est-elle recevable ? Les militaires français pouvaient-il détruire une voiture dans laquelle se trouvaient leurs deux compatriotes enlevés ? Qui pouvait donner un tel ordre ? Notre interlocuteur n’a pas de réponse. Mais plus tard, un spécialiste interviewé sur une radio française disait comprendre que la seule solution pour l’armée nigérienne ait été d’empêcher les ravisseurs d’atteindre leur but, donc d’arriver à leurs refuges avec les otages.

 

Quel qu’en fût le prix ! L’explication a du sens pour plusieurs observateurs pour lesquels il aurait été scandaleux de laisser Aqmi « kidnapper deux Français à un kilomètre de la présidence à Niamey, parcourir des centaines de kilomètres après, malgré la chasse acharnée et montrer après les otages sur Al Jazeera avant de faire savoir les revendications ». 

 

Ce qui est valable pour l’armée nigérienne ne l’est-il pas également pour les Français ? A moins simplement que la vérité soit dans le récit de cet autre informateur fort connecté et généralement bien informé sur les affaires de la nébuleuse terroriste. Pour lui, après le rapt, deux autres voitures des jihadistes se trouvaient aux abords de Niamey qui ont tout de suite fait convoi avec la voiture dans laquelle se trouvaient et les ravisseurs et leurs otages. Au petit matin, ils sont toujours en territoire nigérien et essuient des tirs de l’armée nigérienne. « A la frontière malienne, des forces françaises entrent en jeu, à partir d’hélicos . Sur une bonne quinzaine de Jihadistes, plusieurs sont blessés et trois sont tués. C’est à ce moment que le sort des otages français aura été scellé.

 

Ils seront abattus par les ravisseurs et jetés hors de la voiture ».

 Cette source précise que l’attaque a été menée par Aqmi et que le chef des opérations serait un Nord-Nigérian opérant au sein de la khatibat dirigée par Abuzeid. L’édition du Point.fr. du dimanche après-midi avance, en effet, que les ravisseurs ont bénéficié de renforts vers la frontière malienne et que pour éviter qu’ils atteignent leur « zone-refuge », des commandos du « Commandement des Forces Spéciales » basé à Ouaga ont dû intervenir. Le Point.fr rapporte que les militaires français voient plus la main de Belmokhtar que d’Abuzeid.

 

 

 

 

Adam Thiam

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