Sud-Soudan: "pas d'alternative à l'unité", affirme Béchir

Publié le par ousmane.over-blog.net

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Pagan Amum (G) du Mouvement de libération du peuple du Sud-Soudan (SPLM) et Idris Abelgadir (D) du Parti du congrès national (NCP, nord-Soudan) lors de la signature d'accords le 20 juillet 2010
© AFP/Archives Peter Martell

KHARTOUM (AFP) - mardi 12 octobre 2010 - 18h59 - Le président soudanais Omar el-Béchir a prévenu mardi qu'il n'accepterait pas d'"alternative à l'unité" de son pays, à trois mois d'un référendum sur l'autodétermination du Sud-Soudan qui pourrait aboutir à la partition du plus vaste pays d'Afrique.

A Addis Abeba, des négociations entre représentants du Nord et du Sud sur la région pétrolifère disputée d'Abyei ont échoué, selon un communiqué publié dans la capitale éthiopienne.

"Bien que nous soyons engagés par l'accord de paix global, nous n'accepterons pas d'alternative à l'unité", a déclaré M. Béchir dans un discours à l'Assemblée nationale.

Les Sud-Soudanais doivent se prononcer le 9 janvier sur le maintien de l'unité avec le nord du Soudan ou l'indépendance.

Ce référendum est un point-clé de l'accord de paix global (CPA) ayant mis fin en 2005 à plus de deux décennies d'une guerre civile entre le Nord et le Sud qui a fait deux millions de morts. Désaccords politiques et retards dans l'organisation du vote font craindre un report du scrutin.

"L'unité est le choix qui prévaudra pour le Sud s'il a la liberté de choisir lors d'un référendum libre et juste. La logique ne conduit le Sud que vers l'unité", a estimé M. Béchir.

En septembre, le vice-président soudanais Ali Osmane Taha avait indiqué devant l'ONU à New York que son gouvernement privilégiait l'unité, mais reconnaissait aussi le droit "du peuple du Sud de choisir autrement".

Tout en promettant un scrutin équitable, M. Béchir a affirmé que la démarcation des frontières avec le Sud était "un facteur décisif dans la conduite d'un référendum juste et libre".

Les ex-rebelles du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM, sudistes) et le Parti du congrès national (NCP, nord) du président Béchir revendiquent chacun au moins six secteurs contestés à la frontière.

A Addis Abeba, des négociations sur Abyei organisées sous l'égide de l'Ethiopie et des Etats-Unis entre le Nord et le Sud ont par ailleurs échoué.

Les citoyens de cette région disputée doivent eux aussi voter le 9 janvier lors d'un référendum séparé pour décider de leur rattachement au Nord ou au Sud.

Les deux parties ont indiqué n'avoir "pas pu trouver d'accord sur les critères d'éligibilité pour les électeurs pour le référendum de la zone d'Abyei".

Une prochaine réunion doit se tenir "fin octobre" en Ethiopie pour examiner le cas d'Abyei dans le cadre "plus large et plus global" des "arrangements" référendaires et post-référendaires sur le Sud-Soudan, ajoute le communiqué.

"J'espère que les deux parties seront en mesure de se contrôler d'ici le prochain round", a déclaré à l'AFP Deng Arop Kuol, administrateur en chef d'Abyei, qui avait été le théâtre en 2008 de violents affrontements entre nordistes et sudistes.

L'Armée du Sud-Soudan semi-autonome (SPLA) a affirmé dans un communiqué que la sécurité à Abyei et à la lisière du Nord et du Sud en général "se détérior(ait)".

Elle a accusé les forces du nord d'avoir tiré des coups de feu lundi soir sur le marché d'Abyei en signe de "provocation".

"Selon nos informations, le but des forces armées soudanaises est d'envahir et d'occuper la région d'Abyei et une partie de l'Etat d'Unité", situé au Sud-Soudan, a assuré le SPLA.

Les relations entre les nordistes et les sudistes se sont tendues à l'approche du scrutin. Samedi, les forces anti-émeutes ont dispersé à coups de bâton à Khartoum des manifestants favorables à l'indépendance du Sud-Soudan, qui se sont heurtés à des partisans de l'unité.

Le président du Sud-Soudan semi-autonome, Salva Kiir, a demandé à l'ONU de déployer des Casques bleus le long de la frontière, selon des diplomates

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