Insécurité dans le district de Bamako
Les bandits ne reculent plus devant rien surtout en cette veille de fête. Braquages, vols à main armée et même assassinats sont devenus le quotidien des Bamakois. Ce, en dépit du remarquable travail qu’abattent les agents des forces de sécurité.
Ainsi, hier lundi, au petit matin, la station Shell de Niaréla a reçu la visite de deux bandits qui ont certainement cru pouvoir réaliser une "bonne affaire" en braquant un des pompistes qui était de service.
Approchés par nos soins, les pompistes du jour n'ont pas voulu nous entretenir sur le sujet, pas plus que la brigade de recherches du Commissariat du 3ème arrondissement.
Cependant, le Contrôleur général de police, Abdoulaye Sow, Commissaire dudit arrondissement, nous a livré dans la journée d'hier sa version des faits.
Selon lui : "Nous avons été alertés hier matin à propos d'un braquage dans la station Shell de Niaréla. Un des pompistes a vu un homme rôder tout autour de la station dans la pénombre. Lorsqu'il a été interpellé, le malfrat répondit qu'il cherchait le pompiste alors que c'était avec ce dernier qu'il conversait. Quand le pompiste lui a décliné son identité, subitement le bandit a dégaîné son arme et l'a menacé pour qu'il lui ouvre le bureau du gérant. Là, il est au regret de ne pouvoir défoncer le coffre-fort incrusté dans le mur. La mort dans l'âme, le bandit fouille le pompiste sur lequel il trouve 25.000 FCFA dont il s'empare plus un téléphone portable. Entre temps, le second pompiste se réveilla. Ce qui obligea le bandit à rejoindre son complice qui l'attendait sur une moto Djakarta qu'ils enfourchèrent à deux avant de disparuraître en trombe dans la nature".
Mais d'après des sources policières, plusieurs questions brûlent les lèvres notamment l'absence du gardien, le seul, d'ailleurs, dont c'était le jour de repos.
Pourquoi une grande structure comme la station Shell se permet-elle de n'employer qu'un seul gardien qui, plus est, ne travaille pas les dimanches? Autre chose qui a beaucoup indigné les policiers, c'est le mauvais éclairage dans lequel se trouve la station Shell.
Enfin, la station étant située dans un périmètre peuplé d'hôtels, bars et restaurants, pourquoi les pompistes n'ont-ils pas crié pour alerter les voisins et les passants ?
C'est pour répondre à ces questions, pour le moins troublantes, que l'adjoint au chef BR et les autres éléments sont déjà sur le terrain.
Car, par le passé, on a vu à Bamako des pompistes simuler des vols et braquages pour justifier des pertes d'argent dont ils se sont rendus coupables. Le cas le plus célèbre a concerné la station Total située au niveau du pont Richard où, pour se justifier, le pompiste avait inventé un vol. Naturellement, les policiers l'ont démasqué et écroué.
Diakaridia YOSSI de l'indépendant