Pour tentative de corruption des conseillers de son parti Yéléma : Moussa Mara porte plainte contre ...
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Le 23 février dernier, à la demande et pour le compte du parti Yèlèma, Me Waly Mamady Diawara, avocat à la Cour, a saisi le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de la Commune IV d'une plainte contre les sieurs Moussa Condé, Mohamed Diallo, Mohamed Dembélé et Aboubacar Tounkara, pour " violation des articles 128 et 130 de la Loi électorale ". En clair pour tentative de corruption des conseillers fraîchement élus du parti Yèlèma au profit de l'Adema-PASJ. Une mission exécutée par des corrupteurs qui se disent tous des émissaires de Adama Sangaré, maire du District et membre du Comité exécutif de l'Adema-PASJ.
Depuis sa brillante et historique victoire sur les grandes formations politiques telles le RPM et l'Adema-PASJ, dont les premiers responsables, Ibrahim Boubacar Kéïta et Dioncounda Traoré sont pourtant résidents de ladite commune, le parti Yèlèma du jeune et dynamique Moussa Mara a perdu le sommeil. En effet, aux dires des responsables de ce parti, des barons du RPM et de l'Adema-PASJ ont juré, par tous les dieux de la terre, que le jeune Mara ne sera jamais installé dans le fauteuil de maire. De l'autre côté, les militants et sympathisants de Yèlèma, en commune IV et d'ailleurs, ont eux-aussi juré par tous les sabres, coupe-coupe et lance-pierres disponibles sur les marchés de ladite commune, que leur candidat, Moussa Mara, dont le parti est arrivé premier lors des élections partielles du 6 février dernier avec 19 conseillers sur 41, sera bien investi le lundi 7 mars prochain. C'est dire que nous avançons vers une éventuelle confrontation entre forces de l'ordre et supporters de Moussa Mara, qui risque d'être meurtrière. N'ayons pas peur des mots : des jeunes partisans de Mara ne veulent pas aller, ce jour-là, avec le dos de la cuillère. Devant la mairie de la commune IV où se tiendra le 7 mars prochain la session inaugurale du conseil municipal, la tension sera alors à son comble.
Si en 2009, ce sont quelque 200 gardes qui ont été déployés par le Gouvernorat du District pour garantir la sécurité des conseillers réunis alors à l'occasion notamment de l'élection du maire, le 7 mars prochain, il faudra assurément un effectif beaucoup plus important. Car le complot qui se trame contre le vainqueur desdites élections, Moussa Mara, est en train de faire moult mécontents. Et cela au-delà même du cercle des militants et sympathisants du parti Yèlèma.
La plainte qui vient d'être déposée contre des présumés corrupteurs envoyés auprès des conseillers de Yèlèma par le maire du District, Adama Sangaré, ne pourra qu'envenimer cette situation explosive. En effet, le fossé entre Moussa Mara, qui a toutes les chances d'être porté à la tête de la mairie de la commune IV et le maire Adama Sangaré qui aurait mis à prix la tête du jeune Moussa Mara, ne cesse de s'agrandir au fur et à mesure qu'on s'approche de la date fatidique du 7 mars.
Rappelons que c'est à l'Espace Bouna, sis à l'ACI 2000, qu'a été signé, le 16 février dernier, l'accord politique intitulé " Pacte d'alliance pour la gestion communale " entre les partis Yèlèma, Adema, Pdes, Mpr et Urd pour la gestion de la mairie de la Commune IV du District de Bamako. Aujourd'hui, il semble que l'Adema-PASJ ait remis en cause la signature de son représentant, en l'occurrence son secrétaire général en commune IV, Adama Tiémoko Diarra. Depuis, des conseillers de Yèlèma auraient été approchés par des émissaires se réclamant de Adama Sangaré, maire du District de Bamako. Afin de les débaucher au profit d'une nouvelle majorité opposée à la proposition de porter Moussa Mara à la tête de la mairie. Et cela à coup de propositions mirobolantes.
C'est dans ce contexte que le 23 février dernier, Me Waly Mamady Diawara, à la demande et pour le compte du parti Yèlèma, a saisi le Procureur de la République de la commune IV, en ces termes : " Suite à l'annulation du scrutin municipal de 2009, des élections partielles ont été organisées en commune IV le 6 février 2011. Le raz-de-marée réalisé par la liste Yèlèma semble avoir coupé le sommeil à beaucoup de kleptomanes, qu'ils soient d'occasion ou permanents. Ainsi le samedi 19 février 2011, les conseillers Yèlèma : Baba Coulibaly (Lassa), Sory Ibrahima Camara (Sébénicoro), Mamadou Tounkara (Lafiabougou) et Joseph Camara (Djicoroni) ont été ciblés par les sieurs Moussa Condé et Mohamed Diallo, tous résidents à Sébénikoro.
Moussa Condé et Mohamed Diallo ont proposé aux conseillers Yèlèma de s'abstenir de voter pour ou de voter contre Moussa Mara lors de la convocation du prochain collège électoral des élus pour l'élection du Maire et la mise en place du bureau municipal. En contrepartie de cette trahison, ils ont proposé à Baba Coulibaly un avancement dans sa hiérarchie et une très nette amélioration de ses conditions de vie. A Sory Ibrahima Camara, il a été proposé la somme de 8 000 000F CFA et un emploi au ministère de l'Agriculture. A Mamadou Tounkara, il a été proposé un billet d'avion pour la destination de son choix, les frais d'hôtel et de séjour et une importante somme d'argent à son retour de voyage. Quant à Joseph Camara, il a été ciblé par un coreligionnaire, le sieur Georges Aboubacar Tounkara, employé par la Mairie du District…Tous ces corrupteurs ont prétendu avoir été envoyés en mission par le Maire du District, Adama Sangaré, au nom et pour le compte de l'Adema-PASJ.
Pour ceux d'entre les conseillers Yèlèma, ci-dessus nommés qui ont été continuellement harcelés, c'est le nommé Mohamed Diallo, Tél. : 66 46 77 28, se disant cadre important de la Primature, qui a tenté de les menacer quand il a compris que ses démarches ne peuvent pas aboutir…Monsieur le Procureur, comme vous le savez, la violation des articles 128 et 130 est devenue une méthode d'usurpation honteuse entre les mains d'apprentis politiciens dénoués de toute culture politique mais épris de réflexes de vol et de corruption "
En effet, la loi n°06-044 du 4 septembre 2006, portant loi électorale, en son article 128 dispose : " Quiconque par des dons ou libéralités en argent ou en nature, par des promesses de libéralités, de faveurs, d'emplois publics ou privés ou d'autres avantages, aura influencé ou tenté d'influencer le vote d'un ou plusieurs électeurs soit directement, soit par l'entremise d'un tiers ; quiconque par les mêmes moyens aura déterminé ou tenté de déterminer un ou plusieurs électeurs à s'abstenir sera puni d'un an à 5 ans d'emprisonnement et d'une amende de 100 000 à 1 000 000 F CFA. Seront punis des mêmes peines ceux qui auront agréé ou sollicité les mêmes dons, libéralités ou promesses ".
Au fur à mesure donc que la date du 7 mars approche, date prévue pour l'élection du maire, la tension ne cesse de monter en Commune IV. Des personnes âgées aux jeunes, les sympathisants de Moussa Mara sont en train de se préparer à fêter l'élection de leur idole. Car ceux-ci ne se font aucune inquiétude quant à la victoire de leur porte-étendard avec ses 19 conseillers.
Mamadou DEMBELE